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La douleur thoracique est l'une des premières causes de consultation aux urgences en France. Dans la grande majorité des cas, elle n'est pas d'origine cardiaque. Mais elle peut l'être — et dans ce cas, chaque minute compte. Ce guide vous aide à reconnaître les signes qui imposent d'appeler le 15 immédiatement, et ceux qui peuvent attendre une consultation programmée.

En cas de doute, appelez le 15 Si vous avez une douleur thoracique intense, soudaine, accompagnée d'un malaise, d'un essoufflement brutal ou de sueurs froides — appelez le 15 sans attendre. Il vaut mieux appeler "pour rien" que d'attendre trop longtemps. Le médecin régulateur du SAMU évalue la situation par téléphone et envoie les secours si nécessaire.

Les grandes causes de douleur thoracique

La poitrine est une zone anatomiquement dense : cœur, poumons, œsophage, côtes, muscles, aorte — toutes ces structures peuvent être à l'origine d'une douleur. Les médecins classent les causes en grandes catégories :

Origine Exemples Caractère typique
Cardiaque Infarctus, angor, péricardite Oppression, irradiation bras/mâchoire, à l'effort
Pulmonaire Embolie pulmonaire, pleurésie, pneumothorax Aggravée à l'inspiration, associée à une toux ou un essoufflement
Digestive / œsophagienne Reflux gastro-œsophagien, spasme œsophagien Brûlure, soulagée par les antiacides, après les repas
Musculo-squelettique Contracture intercostale, costochondrite (syndrome de Tietze) Reproduite à la pression du doigt sur le thorax, aggravée aux mouvements
Neurologique Zona intercostal Douleur brûlante unilatérale, parfois précède l'éruption cutanée
Vasculaire Dissection aortique Douleur déchirante très intense, irradie dans le dos
Anxiété / fonctionnelle Attaque de panique, hyperventilation Associée à palpitations, engourdissements, contexte de stress

Les signes d'urgence absolus : appelez le 15

Certaines associations de symptômes imposent d'appeler le 15 sans chercher à analyser davantage :

Symptômes atypiques : aussi alarmants chez la femme Chez la femme, une douleur dorsale intense, des nausées et vomissements, ou une fatigue brutale inhabituellement sévère peuvent être les seuls signes d'un infarctus. En cas de doute, appelez le 15. Les recommandations médicales insistent sur l'égale vigilance quel que soit le profil du patient.

Comment différencier douleur cardiaque et non cardiaque

Signes qui orientent vers une cause cardiaque

Signes qui orientent vers une cause musculo-squelettique

Signes qui orientent vers une cause digestive

La douleur thoracique non cardiaque est la plus fréquente Selon les données des services d'urgences, la majorité des patients consultant pour douleur thoracique repartent avec un diagnostic non cardiaque. C'est rassurant, mais cela ne dispense pas d'une évaluation médicale : certaines douleurs d'apparence bénigne cachent une pathologie sérieuse (embolie pulmonaire, péricardite).

Les examens réalisés aux urgences ou en cardiologie

L'ECG (électrocardiogramme)

Premier examen systématique. Il permet de détecter un infarctus en cours (sus-décalage ST), une souffrance coronaire, ou une arythmie. Il est réalisé en quelques minutes. Un ECG normal n'exclut pas formellement un syndrome coronarien aigu — il est complété par la biologie.

La troponine

Ce dosage sanguin mesure la troponine, une protéine libérée par les cellules cardiaques en cas de nécrose (mort cellulaire). Une élévation de la troponine haute sensibilité (hs-Tn) signe un infarctus. Le dosage est répété à 1 à 3 heures pour suivre la cinétique d'élévation.

L'échographie cardiaque

Réalisée aux urgences ou en USIC (unité de soins intensifs cardiologiques), l'échocardiographie permet d'évaluer la contractilité du myocarde, de détecter une anomalie de mouvement de paroi (signe d'ischémie), un épanchement péricardique (péricardite), ou une dilatation de l'aorte.

La radiographie pulmonaire

Elle recherche un pneumothorax, une pleurésie, une surcharge pulmonaire (œdème aigu du poumon), ou une cardiomégalie.

Le scanner thoracique

Prescrit en cas de suspicion d'embolie pulmonaire ou de dissection aortique. Il permet de visualiser directement les structures vasculaires thoraciques.

Quand consulter un cardiologue en programmé (non urgent) ?

Une consultation cardiologique programmée est conseillée si :

Articles connexes

FAQ — Vos questions sur la douleur thoracique

Une douleur dans la poitrine à gauche est-elle forcément cardiaque ?

Non. La localisation à gauche est souvent associée dans l'imaginaire collectif à une cause cardiaque, mais le cœur est central, légèrement à gauche. Des douleurs musculaires intercostales, une pleurésie, un zona, ou une anxiété peuvent toutes donner une douleur du côté gauche de la poitrine. L'évaluation médicale seule peut trancher.

Peut-on avoir un infarctus sans douleur thoracique ?

Oui. Environ 20 à 30 % des infarctus seraient "silencieux" ou avec des symptômes atypiques. C'est plus fréquent chez les personnes diabétiques, les femmes et les personnes âgées. Essoufflement isolé, fatigue intense et inhabituelle, nausées, ou douleur dans le dos peuvent être les seuls signes.

La douleur qui dure depuis des semaines peut-elle être cardiaque ?

Une douleur thoracique chronique, quotidienne, qui dure depuis des semaines, est peu probable d'être un syndrome coronarien aigu (infarctus). Elle peut toutefois révéler un angor stable, une péricardite chronique, ou une pathologie musculo-squelettique. Elle mérite une consultation médicale pour être explorée, même si le caractère urgent est moindre.

Puis-je conduire aux urgences moi-même en cas de douleur thoracique ?

Non. En cas de douleur thoracique suspecte (intense, persistante, avec signes associés), appelez le 15. Le médecin régulateur vous conseille et envoie le SMUR si nécessaire. Conduire seul expose à un risque de malaise au volant. Si un proche peut vous conduire pendant que vous appelez le 15, c'est acceptable — mais ne conduisez pas vous-même.

L'angor, c'est quoi exactement ?

L'angor (ou angine de poitrine) est une douleur thoracique due à une insuffisance temporaire d'apport en oxygène au muscle cardiaque, généralement liée à un rétrécissement des artères coronaires. L'angor stable survient à l'effort et cède au repos. L'angor instable survient au repos ou pour des efforts minimes : c'est une urgence cardiologique qui précède parfois l'infarctus.

Que faire en attendant les secours si on suspecte un infarctus ?

S'allonger ou s'asseoir dans la position la plus confortable. Ne pas manger ni boire. Ne pas prendre d'aspirine sans avis médical (sauf si le médecin du 15 le conseille). Rester au téléphone avec le régulateur du SAMU qui guide les gestes à faire. Ouvrir la porte pour faciliter l'accès aux secours. Ne pas conduire.

Peut-on avoir une douleur thoracique à cause du stress ?

Oui. L'anxiété et les attaques de panique peuvent provoquer des douleurs thoraciques réelles, associées à des palpitations, un essoufflement et des engourdissements des extrémités. Ces symptômes sont liés à l'hyperventilation et à la stimulation du système nerveux autonome. Mais comme ils imitent parfois les signes cardiaques, une première évaluation médicale pour éliminer une cause organique reste nécessaire.

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